Paris, le 17 juillet 2026
Depuis le 24 juin, Lee Man-hee, dirigeant de Shincheonji et âgé de 95 ans, se trouve derrière les barreaux en Corée du Sud, dans l’attente de son procès. Il lui est reproché d’avoir enfreint la loi sur les partis politiques — aucune infraction violente ne figure dans ce dossier.
De son côté, Shincheonji conteste fermement les charges retenues. Le mouvement affirme que ses membres se sont engagés de leur propre initiative, sans subir de pression, et souligne avoir collaboré activement avec la justice tout au long de l’enquête.
Bien qu’aucun verdict n’ait encore été rendu et malgré un âge et un état de santé qui appelleraient à la prudence, Lee Man-hee reste emprisonné. Plusieurs observateurs y voient la conséquence directe de son rôle de leader religieux influent, plutôt que de la nature des faits reprochés.
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Une mesure disproportionnée ?
L’affaire pose une question de principe : incarcérer un homme de 95 ans, coopératif et poursuivi pour des faits sans violence, est-ce compatible avec les exigences de nécessité, de proportionnalité et de dignité fixées par les Règles Mandela des Nations Unies ? De nombreux experts en liberté religieuse jugent que cette situation appelle un examen approfondi, à la lumière des obligations internationales de la Corée du Sud.
Un écho international
Massimo Introvigne, sociologue des religions italien, a fait connaître ses réserves après que le ministre sud-coréen de la Justice a réclamé, dès l’ouverture du dossier, une sanction pénale exemplaire. Selon lui, une telle déclaration laisse présager un procès à l’issue déjà tranchée, ce qui entame la crédibilité de l’indépendance judiciaire. Il n’a pas hésité à qualifier cette affaire d’atteinte à l’image démocratique du pays.
Article de Massimo Introvigne
Un contexte de tensions plus larges
Cette procédure intervient dans un climat où Shincheonji, mouvement chrétien en expansion, se heurte depuis longtemps à une forte opposition en Corée du Sud. Ses représentants pointent une stigmatisation persistante, susceptible de compromettre l’équité de la procédure judiciaire — une problématique qui rejoint, plus généralement, celle de l’égalité de traitement réservée aux minorités religieuses par les tribunaux.
Un révélateur pour la démocratie
Indépendamment du verdict à venir concernant Lee Man-hee, c’est bien la manière dont un État démocratique traite un prévenu âgé issu d’une minorité religieuse qui retient l’attention à l’échelle mondiale. Plusieurs principes essentiels sont en jeu : la présomption d’innocence, l’indépendance de la justice, le caractère proportionné de la détention et la liberté religieuse.
Shincheonji Église de Jésus en appelle aux organisations internationales de défense des droits de l’homme, aux avocats, aux universitaires, aux institutions œuvrant pour la liberté religieuse et aux médias, afin qu’ils suivent avec attention le déroulement de cette affaire.
Quel que soit le résultat du procès, ces principes fondamentaux doivent s’appliquer à chacun, sans exception, y compris aux minorités religieuses.
En Corée du Sud, l’incarcération d’un responsable religieux de 95 ans met à l’épreuve l’État de droit
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